Messe en Si mineur
Johann Sebastian Bach · Genève et Lausanne · Mai 2026.

Œuvre testamentaire de Bach, synthèse de tout son savoir-faire
Réunis autour de Bach
Quelques éléments d’approche
Composition
Lorsqu’entre 1748 et 1749, Johann Sebastian Bach compose l’œuvre que nous connaissons sous le nom de Messe en Si mineur, il lui reste peu de temps à vivre. Sa vue commence à baisser. Ses relations avec son employeur, la ville de Leipzig, sont exécrables. Il a eu une vie entière de musique, énorme capital soufflé par son génie et accumulé pendant des années de travail. C’est ce capital qu’il utilise pour composer. Comme il l’a souvent fait, il réutilise des parties de ses cantates et de ses œuvres antérieures, manière de faire parfaitement normale à une époque où les œuvres ne sont jouées que quelques fois et rarement diffusées au-delà du milieu des musiciens professionnels.
Ainsi, la base de la Messe en Si mineur est une messe brève (composée d’un Kyrie et d’un Gloria), composée en 1733, pour la cour de Dresde, où son fils Wilhelm Friedmann cherche et obtient une place d’organiste à l’église Sainte Sophie. Sans doute jamais exécutée, cette œuvre devient quinze ans plus tard la première partie de la Messe en Si mineur, la Missa. Reprise telle quelle, elle détermine la composition de l’orchestre et le fait que la nouvelle œuvre aura une majorité de chœurs à 5 voix (soprano I, soprano II, alto, ténor, basse).
Bach reprend également le Sanctus (BWV 232), composé en 1724, des parties d’un Gloria in excelsis Deo (BWV 191) de 1742, un chœur de la cantate BWV 46 « Schauet doch und sehet ob irgend ein Schmerz sei » de 1723 pour le Qui tollis, un autre de la cantate BWV 12 « Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen » de 1714 pour le sublime Crucifixus, etc.
Seuls trois morceaux sur les 27 que compte la Messe en Si mineur sont composés entre 1748 et 1749 : le Credo, le Et incarnatus est et le Confiteor.
Bach alterne savamment des morceaux tournés vers le passé musical occidental et des parties qui pourraient s’intégrer aux plus récentes compositions de son époque. En stile antico, on entend des phrases tirées de chants grégoriens (dans le second Kyrie Eleison, dans le Gratias, le Credo, le Confiteor, etc.) qui forment la base de la composition. En stile moderno, on a le duo d’amour digne d’un opéra italien du Christe Eleison, les explosions festives du Et resurrexit et du Et expecto. Et le génie de Bach, par l’utilisation de passages dissonants, dérangeants presque (comme l’adagio qui clôt le Confiteor), ouvre la voie à la musique tonale contemporaine.
L’extraordinaire est que l’œuvre est un tout, sans raccords, sans maladresses ou morceaux faisant manifestement jointure. La Messe en Si mineur sort toute armée du cerveau de Bach entre 1748 et 1749, synthèse de plus de quarante ans de son savoir, de son savoir-faire et de son génie musical.
Distance, objectivité, abstraction, universalité
La Messe en Si mineur n’est pas destinée à une liturgie. A elle seule, la durée de l’œuvre interdit son emploi dans le cadre d’une messe, même particulièrement solennelle. Les trois morceaux du Kyrie initial durent plus de 18 minutes, le Symbolum nicenum et ses neuf parties une demi-heure… La Messe en Si mineur se différencie par ailleurs de toutes les autres œuvres de musique chorale de Bach.
En effet, ses cantates impliquent l’auditeur. Elles sont chantées en allemand ; les textes sont souvent à la première personne du singulier et délivrent des messages de foi clairs ; les chorals sont souvent composés sur des mélodies populaires et peuvent être repris par l’assemblée des fidèles, comme le souhaitait Luther : « Chanter, c’est prier deux fois ».
Les Passions sont dramatiques ; leurs chœurs peuvent être démonstrativement violents (Kreuzigen !). Elles commémorent la mort du Christ dans une mise en scène musicale des évangiles. Les fidèles sont un public, ému, transporté par les événements qui se déroulent musicalement devant lui.
La Messe en Si mineur n’est ni dramatique, ni passionnée. L’auditeur est tenu à distance de la signification du texte par le latin. Puissante, hiératique, parfois difficile, la musique, marquée par le contrepoint que Bach domine si parfaitement qu’il le sublime, a une qualité objective, distancée, presque abstraite.
Elle ne sera d’ailleurs pas exécutée du vivant de Bach et il faudra attendre le Bach Revival du XIXe siècle pour que cette œuvre monumentale sorte du cercle des professionnels de la musique. C’est alors qu’on la désigne sous le nom de Grosse Messe in h moll. La première exécution intégrale aura lieu à Francfort-sur-le Main en 1856, plus de cent ans après le décès de Johann Sebastian Bach.
Jean-Christophe Bourquin

Retours des concerts
“An incredible treat … truly excellent choral singing…a joy from start to finish…please let us know about future concerts”
“The singing in particular was phenomenal…the choir was definitely engaged by the music and conveyed that…We both commented on the lovely final consonants you produced, something any choir director would have been proud of”
« Chère N. quel concert formidable, BRAVO! Très belle performance. Je te voyais même si j’étais tout derrière, … Votre chef a l’air extraordinaire. J’aurais voulu le voir ainsi que les solistes. J’ai beaucoup aimé le haute-contre, les autres solistes aussi sauf une des sopranos. L’orchestre était trop fort pour le 1er solo basse, sinon tout était très bon. J’ai admiré les contrastes, le choeur, puissant mais aussi capable de faire des pianos. Bref, je suis sortie comblée. Bon concert à Lausanne! »
« Just a brief note to say congratulations on a wonderful concert last night. You all sounded fantastic, and Gonzalo conducted with his usual élan. I hope you have another success today in Lausanne »